Dynamiques de groupe et dynamiques tribales…
contre développement personnel et détribalisation.

Le schéma cognitif

Cette page est une ébauche
qui sera progressivement complétée.
Première publication le 16 novembre 2008

Dernière modification le 21 novembre 2008

Je vous propose de vous initier à la question en écoutant sur dailymotion.com un extrait d’une conférence donnée par Serge Farnel, intitulée “La cicatrisation de l’Histoire”
Il s’agit plus précisément de la deuxième partie de sa conférence à Genève du 19 avril 2008 sur le génocide des Tutsi au Rwanda

Voici la retranscription d’un passage :

(…)

En général, on va s’en tenir à la première thèse, au premier livre qu’on aura lu sur tel ou tel sujet (…) Dès lors qu’on s’est investi dans une des deux thèses, la quantité d’énergie nécessaire pour nous défaire de celle dans laquelle on s’est préalablement investi, devra être à l’échelle de celle correspondant à notre investissement primordial.

Si par exemple vous avez lu un livre et que vous avez passé trois mois à essayer de comprendre ce qui s’est passé. Disons que vous vous êtes investi dans le livre de Pierre Péan. Vous ne connaissiez rien au Rwanda, le livre de Pierre Péan vient de sortir, c’est un enquêteur sérieux et vous avez envie de comprendre ce qui s’est passé dans ce pays. Vous allez ainsi passer deux mois à tenter de comprendre, à annoter.
Et puis demain, un autre bouquin affirme, lui, que Péan est un menteur.
Vous allez vous dire: j’aurai donc pas passé deux mois à m’investir dans cette thèse et maintenant on me dit que tout est faux? Que c’est un menteur? Que c’est un négationniste?

Bien sûr vous, vous êtes honnête, mais inconsciemment, vous allez défendre votre forteresse, et votre forteresse, c’est la connaissance que vous avez eu tant de mal à accumuler. Il faut vraiment être très honnête pour désapprendre d’un coup aux fins de réapprendre autre chose.

Ce que vous avez appris prend la forme de ce qu’on appelle un schéma cognitif (cognito, ça veut dire penser). Il est ensuite un phénomène connu sous le nom d’assimilation (…) qui va agir comme un mécanisme par lequel si un évènement extérieur s’avère incompatible avec le schéma cognitif que vous avez développé dans votre investissement, justement dans ce (premier) livre, vous allez soit ignorez l’évènement extérieur, soit le lire d’une façon un peu distordue, de telle manière à le rendre compatible avec votre schéma cognitif.

Maintenant si vous êtes un peu plus honnête, il y a un autre phénomène qui est inverse qui s’appelle l’accommodation. Il s’agit de modifier ses convictions profondes, ses schémas cognitifs, ce s’ils ne correspondent pas à la réalité que vous observez ; mais le phénomène de l’assimilation (ça on l’a bien compris « je défends ma forteresse, j’adapte tous les évènements observés à ce que je connais et je ne casse pas ce que je connais ») sera d’autant plus fort que l’investissement aura été important, car le schéma est alors solidement ancré en vous; dès lors, il ne faut pas s’étonner si certains livres négationnistes sont très volumineux, comme l’est le livre de Pierre Péan et comme l’est le livre d’Abdul Ruzibiza ; car si l’investissement qu’il a demandé au lecteur est important, il lui sera d’autant plus difficile, voire insupportable, de s’en désinvestir.

(…)

Voir aussi dans le glossaire : Cognitif, cognition…

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