Dynamiques de groupe et dynamiques tribales…
contre développement personnel et détribalisation.

Inconscient

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Publié le 14 novembre 2008

Dernière modification le 6 juillet 2009

Inconscient

Définition de D. Widlöcher1

Sous sa forme adjective, définit toute opération mentale et toute représentation inaccessible à la conscience du sujet. Dans ce sens très général, le terme s’applique à tout un niveau du traitement de l’information et de la prise de décision : sélection des stimulus, activation des représentations stockées en mémoire à long terme, procédures de traitement des informations, etc. En d’autres termes, une grande partie des processus perceptifs (perception subliminale), attentionnels, mnésiques et décisionnels sont inconscients, qu’ils contribuent à l’exécution de plans moteurs, à la compréhension ou à la production d’actes de parole.

De manière beaucoup plus restrictive, le terme, pris dans son sens psychanalytique, s’applique à un ensemble de représentations qui partagent le même niveau de complexité que les représentations accessibles à la conscience et qui présentent le même caractère d’intentionnalité et de formalisation sur les modes de la croyance et du désir. Ces représentations constituent l’objet de l’investigation psychanalytique. Elles doivent être distinguées des représentations qui ne sont pas conscientes actuellement mais qui sont susceptibles de le devenir si la situation ou les associations de pensée les activent (représentations préconscientes). On distinguera les représentations inconscientes qui n’ont jamais eu accès à la conscience et qui ont été l’objet d’un refoulement primaire (expériences infantiles, par ex.) et celles qui ont été accessibles à la conscience (préconscientes) et qui ont été par la suite l’objet d’un refoulement secondaire. Les représentations inconscientes constituent un système auquel s’applique le substantif «inconscient», et qui présente un certain nombre de caractéristiques. Elles ont pour contenu sémantique l’expression de croyances et de désirs en rapport avec les pulsions libidinales (mais aussi agressives dans la perspective du dualisme pulsionnel). Les modalités de la croyance et du désir prennent la forme d’un accomplissement («hallucinatoire») du désir : la représentation peut être formalisée sur le mode d’une action exprimant le désir comme satisfait. Cette propriété fondamentale explique que le système agit en fonction des lois du processus primaire. Si les représentations inconscientes ne sont pas immédiatement accessibles à la conscience, elles peuvent le devenir (en particulier grâce au travail de l’interprétation). La question est alors de savoir si c’est la même représentation qui change de statut ou si une nouvelle représentation (inscrite cette fois dans le système préconscient-conscient) se substitue, d’un point de vue fonctionnel, à la représentation inconsciente. Quoi qu’il en soit, d’un point de vue phénoménologique, on dira qu’une représentation, source de jouissance, est devenue une représentation du désir.

La prise en considération du point de vue structural (distinction entre les instances du ça, du moi et du surmoi) a remis quelque peu en cause le statut de l’inconscient comme système, dans la mesure où les propriétés de ce système s’appliquent uniquement au ça. Or, des activités du moi (en particulier les mécanismes de défense) et du surmoi (jugement, prescriptions) sont également inconscientes.

Inconscient collectif

Définition de J.-M. Peint1

Partie de l’inconscient qui serait commune à tous les êtres humains et donc innée. L’inconscient collectif est la partie la plus ancienne et la plus profonde de l’inconscient. Il est le soubassement sur lequel est édifié l’inconscient personnel. Il est ordinairement défini par un certain nombre de contenus : fantasmes originaires ou fantasmes typiques, imagos ou archétypes. La notion d’inconscient collectif n’est pas étrangère à la psychanalyse, mais c’est seulement après être entré en contact avec C. G. Jung que S. Freud admet que la langue symbolique du rêve appartient à un mode de pensée archaïque, survivance du passé préhistorique de l’humanité, et accepte l’origine phylogénétique des fantasmes de scène originaire, de séduction et de castration. Jung et ses successeurs ont donné toute son extension à cette hypothèse en définissant les contenus de l’inconscient collectif comme des archétypes, extension qui n’a pas été admise par S. Freud.

Citation

« L’inconscient produit partout et toujours des effets contre lesquels les humains ne cessent de se défendre, ou qu’ils interprètent faussement, ou encore qu’ils cherchent à manipuler par des voies obscures pour un profit supposé. »

Didier Anzieu, Le groupe et l’inconscient

1 Source : Dictionnaire de psychologie, sous la direction de Roland Doron et Françoise Parot

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