Dynamiques de groupe et dynamiques tribales…
contre développement personnel et détribalisation.

Economie comportementale

Cette page du glossaire est une ébauche
qui sera progressivement complétée

Posté le 10 décembre 2007
Dernière modification 18 décembre 2008

Si le fait que le développement économique soit l’un des principaux leviers de la détribalisation est de l’ordre du constat, comme le souligne Karl Marx lui-même dans un texte célèbre dont voici un passage :

« Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et contraint à la capitulation les barbares les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers. (…) Elle a créé d’énormes cités; elle a prodigieusement augmenté la population des villes par rapport à celles des campagnes, et, par là, elle a arraché une grande partie de la population à l’abrutissement de la vie des champs. »

… l’économie comportementale peut nous aider, au moins en partie, à en éclairer les « pourquoi ».

Sur cette page vous trouverez donc une introduction à l’économie comportementale, notamment par le biais d’extraits de textes disponibles sur Internet ou de liens externes.

Le jeu de l’ultimatum

Résumé :

Un premier joueur reçoit une somme tenue secrète. Il doit en proposer une partie au joueur suivant. Si le joueur suivant refuse le partage dont il ignore les proportions, les deux joueurs perdent la somme et ainsi de suite.

On observe les comportements suivants :

Du côté du joueur faisant la proposition, une tendance à offrir une juste proportion de la somme, soit 50% ou davantage.
A priori il pourrait agir ainsi soit en raison de la peur qu’il aurait de perdre toute la somme, soit en raison d’un souci de justice lié à des mécaniques de “pression sociale” et/ou d’éducation .

Du côté du joueur qui reçoit la proposition, une totale liberté dans le choix de refuser la somme, et une proportion de refus très forte quand un montant inférieur ou égal à 20% de la somme lui est proposé.
A priori il pourrait agir ainsi soit en raison d’un sens aigu de la justice qui le libèrera de toute crainte de perdre la somme, au point de l’inciter à la refuser s’il la trouve trop élevée, soit en raison de la compréhension du fait que dans le jeu, le véritable perdant est celui qui n’aura pas réussit à faire accepter sa proposition.

En réalité, comme vous pourrez le lire plus bas dans deux extraits qui reviennent sur le jeu de l’ultimatum, la neuroéconomie nous apprend que «la décision dépendrait (…) d’un arbitrage entre un calcul et une émotion, et non pas d’un seul raisonnement plus ou moins bien informé»

Morceaux choisis d’articles disponibles sur Internet :

Economie comportementale : Homo economicus repensé , de Nicolas Journet disponible sur scienceshumaines.com

En voici trois extraits:

« Elle diffère de la vision classique en intégrant dans une seule courbe la plupart des biais constatés (la courbe et son commentaire) : il y a chez l’agent économique une « aversion à la perte » qui explique par exemple pourquoi la perspective de perdre 1 000 euros nous paraît beaucoup plus décisive que celle de les gagner, ou encore pourquoi le joueur de casino prend des risques inconsidérés pour récupérer sa mise. »

« V. Smith et D. Kahneman en particulier s’intéressaient à une question : pourquoi les individus seraient-ils altruistes, si cela ne présente aucune espérance de gain ? Le jeu du bien public, et ses variantes, a amené sont lot de réponses expérimentales : même en l’absence de sanction, les égoïstes rationnels sont rares. La coopération s’établit à hauteur de 50 % des ressources, mais tend à s’user avec le temps. Pourquoi ? On ne le sait pas. »

Vers la neuroéconomie
Prix Nobel ou non, l’ensemble des propositions de l’économie expérimentale tombe sous le coup de critiques qui lui ont été fréquemment adressées : en quoi ces observations de laboratoire ont-elles à voir avec le comportement ordinaire de l’Homo economicus ? Il y a plusieurs manières de le vérifier. L’une consiste à observer les phénomènes économiques en vraie grandeur : c’est ce que des spécialistes comme Richard Thaler ont tenté de développer sous le nom de finance comportementale. L’autre consiste à s’assurer que les expériences correspondent bien à des phénomènes psychologiques réels.
Le développement d’une psychologie cognitive, et surtout des techniques d’imagerie cérébrale, a créé la tentation d’aller voir ce qui se passe dans le cerveau lorsque des décisions sont prises. C’est ce que l’on appelle précisément la “neuroéconomie”, qui n’a commencé à se développer qu’au début des années 2000, dans quelques centres des Etats-Unis comme le laboratoire de V. Smith. L’appareillage de “cobayes” humains se livrant au jeu de l’ultimatum, par exemple, a donné des résultats remarqués. On savait que les acteurs ont tendance à diverger par rapport aux attentes de la théorie standard, et qu’ils se montrent moins bons calculateurs face à un partenaire humain que face à un ordinateur. La reprise de ce protocole a montré que la décision de rejeter ou non l’offre inéquitable du partenaire activait deux régions du cerveau : une partie du cortex préfrontal et deux petites structures plus centrales (les insulas). Quand l’activité du cortex est supérieure, le sujet accepte l’offre inéquitable. Quand les insulas l’emportent, il la rejette. D’autres recherches ont associé cette aire du cortex à des opérations plutôt réflexives, tandis que les insulas sont associées à des émotions négatives : au bout du compte, la décision dépendrait donc d’un arbitrage entre un calcul et une émotion, et non pas d’un seul raisonnement plus ou moins bien informé. Cette observation, bien établie en 2003, ouvre, selon Martin Gauthier, de vastes perspectives, comme par exemple l’identification du soubassement neurologique de toutes sortes de décisions autopunitives ou encore altruistes, au sens que donnent à ce mot les spécialistes de l’évolution. En attendant, la neuroéconomie tire son dynamisme actuel des vérifications qu’elle opère des acquis de l’économie expérimentale.

Les sources universelles de la justice par Valérie Buron :

Le début :

Le sens du partage et de la justice serait universel. C’est ce que montrent des expériences menées dans des sociétés pourtant très différentes. Si le sentiment de la justice semble universel, comment s’est-il transmis dans les populations humaines ? Par les gènes ou par la culture ? Par peur des représailles ou par souci de la réputation ?
Imaginez : vous avez dix euros en poche et devez en donner une partie à une personne que vous ne connaissez pas. Au vu de la répartition que vous aurez choisie, l’autre peut accepter ou refuser votre offre. S’il accepte, vous repartez tous les deux avec une partie des dix euros; s’il refuse, vous repartez tous les deux sans rien. La rationalité voudrait que quelle que soit la somme que vous proposez, l’autre accepte puisqu’une petite somme est toujours mieux que rien. Par ailleurs, prévoyant cette logique, il devrait être dans votre intérêt de proposer à l’inconnu le minimum. En fait, il n’en est rien. Certaines personnes qui se sont soumises à ce jeu jouent manifestement en leur défaveur en distribuant des sommes bien au-delà de leur strict profit. D’un autre côté, certaines personnes refusent la somme qui leur est proposée, la trouvant soit trop élevée soit au contraire trop faible. Des questions de réputation, de morale, d’image de soi… interviennent dans les choix, pas seulement le gain…

Voir aussi :

Liens externes vers Wikipédia :

Un mot sur l’article anglophone de Wikipédia sur jeu de l’ultimatum (au 24 novembre 2008) :

Malheureusement, son ou ses auteurs tentent de faire dire à l’expérience l’exact contraire de ce qu’elle nous apprend dans le but d’introduire un biais idéologique assez évident. Au-delà d’être assez regrettable, c’est particulièrement surprenant puisque je n’avais jamais entendu parler ne serait-ce que d’un débat sur le sujet. Pour vous en convaincre, comparez l’article en question avec les extraits ci dessus, tous deux tirés du site de la (très consensuelle) revue Sciences Humaines.

Un exemple de plus de l’impossibilité d’accorder une confiance aveugle aux “Wiki” et de l’absolue nécessité de toujours vérifier leurs articles avant de les mettre en avant… Quoiqu’il en soit, la version anglophone de Wikipédia demeure la plus fiable des versions de Wikipédia…

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