Dynamiques de groupe et dynamiques tribales…
contre développement personnel et détribalisation.

Contre-expertise d'une mise en scène - Introduction

Gérard Huber

Editions Raphaël – janvier 2003

Extrait ci dessous posté le 12 nov 2008
Texte intégral (sur le site de l’auteur)

Que s’est-il passé pour qu‘à nouveau,
le sang coule, alors que la paix semblait si proche?
Charles Enderlin

L’objet de ce livre est la retransmission télévisuelle de ce qui a été présenté comme la mort d’un enfant palestinien nommé Mohamed Al Dura, blotti contre son père Jamal.

En effet, le terrible reportage sur les affrontements de Gaza (Territoires Autonomes palestiniens) que le cameraman palestinien qui travaille pour France 2 (et CNN), Talal Abu Rahmé, a fait, le 30 septembre 2000, et qui a été diffusé le même jour par la chaîne, accompagné d’un commentaire du journaliste franco-israélien Charles Enderlin, n’a pas seulement ému le monde entier; il a produit un effet de sidération.

Nul ne s’est rendu compte que les images étaient incompatibles avec l’assassinat on live du fils, atteint par des balles à haute vélocité.

Nul ne s’est également étonné de ce qu’aucune trace de sang n’apparaissait sur le corps de son père, Jamal, lequel aurait pourtant été atteint de plusieurs balles.

L’agression de cet enfant, à plus forte raison mortelle, a en effet été un tel scandale qu’au moment d’en voir les images, et compte tenu du commentaire qui leur assignait un sens quasi-définitif, pareil constat n’a pu venir spontanément à l’esprit de personne. En effet :
1. La mort de l’enfant a semblé évidente,
2. La mort de l’enfant a semblé résulter d’un acte d’une grande cruauté.

Pourtant, l‘étude des déclarations de ceux qui sont à l’origine du reportage a convaincu une équipe de journalistes1 que l’effet des images n’avait pas seulement résulté du sujet du drame mais aussi de sa mise en scène, d’abord technique, laquelle consistait en un cadrage de certains rushes et en un « retrait » (selon le mot d’Enderlin) de nombreux autres.

Du même coup, cette équipe a voulu visionner ces images retirées, ou d’autres qui se référaient au même sujet, pensant que d’autres cameramen de télévision avaient filmé ce jour-là sur place. Or, de même qu’il ne nous a pas été possible de voir les rushes de France 2, de même avons-nous été surpris de constater que parmi tous les cameramen présents (au moins une dizaine), pas un seul n’a filmé quelque image que ce soit de ce drame, en dehors de celui de France 2. Pourquoi? Parce qu’il n’y avait pas de drame ?

Cette question est devenue décisive lorsque l‘équipe a visionné d’autres images des affrontements de Netzarim (mais pas de la mort de l’enfant) prises par d’autres cameramen que celui de France 2, et qu’elle a approfondi certains témoignages des principaux protagonistes du drame : le père, le cameraman et le journaliste, enregistrés par un enquêteur israélien. En effet, comme nous le verrons plus tard, le cameraman et le journaliste affirment qu’ils n’ont jamais dit que c‘étaient les soldats israéliens qui avaient tué l’enfant.

Notre étonnement a donc été total de constater que ces personnes apportaient elles-mêmes des retouches à l‘évidence des circonstances de la mort de l’enfant. Puis, ces retouches nous sont apparues considérables, lorsque l‘évidence de la mort de l’enfant s’est trouvée contredite par le père lui-même2.

1 Il s’agit entre autres de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de Metula News Agency et de moi-même qui suis le correspondant permanent de l’agence à Paris.
Ce livre interagit avec le reportage A-Dura : l’enquête, produit par Metula News Agency.

2 Interrogé par le physicien et expert israélien Nahum Shahaf (voir plus dans le dernier chapitre) le père dit que l’enfant est vivant.

tags: , , , ,

---